Intervention de la SFRN au CDFN du 27 et 28 janvier 2026

Le budget de la Sécurité Sociale 2026 n’est pas à la hauteur des besoins de la population en particulier pour répondre à la crise de l’hôpital public et aux difficultés majeures d’accès aux soins (déserts médicaux, dépassements d’honoraires …).

Mais, grâce à nos actions dans le cadre du Groupe des 9 organisations de retraité·es tout au long de l’année 2025, dont la dernière le 6 novembre, nous avons réussi à faire reculer des propositions qui nous auraient malmené davantage encore toutes et tous et notamment les retraité·es :

– les franchises médicales ne sont pas doublées,

– les prestations familiales, dont l’AAH, l’aide au logement sont maintenues …

– les pensions de retraite ne sont plus gelées en 2026 ni sous-indexées jusqu’en 2030.

Dans le cadre des débats agités sur le PLF d’austérité, nos mobilisations très médiatisées, les nombreux courriers pour interpeller les parlementaires ont porté leurs fruits. L’abattement fiscal de 10 % sur les pensions de retraite et d’invalidité est maintenu. Malgré les violentes attaques, c’est bien nous qui avons mené campagne sur cette mesure inacceptable qui n’est pas une niche fiscale. Le résultat n’est pas seulement lié à une formation politique dite de gauche ou au RN qui se prétend notre premier défenseur ou au poids électoral des retraité·es. Il nous faut valoriser ces premiers reculs en les portant aussi à notre actif ! Nous ne le faisons pas assez dans un contexte si difficile.

Nos actions ne vont pas s’arrêter là, sur nos dossiers spécifiques comme sur d’autres que nous partageons avec les actif·ves, je pense aux services publics, aux retraites, en particulier des femmes, et aux droits familiaux et conjugaux .

La PSC pour les retraité·es pose de nombreux problèmes, qu’elle soit mise en œuvre ou à venir. La prise en charge des retraité·es est souvent considérée comme secondaire par les ministères de la Fonction publique d’État et les opérateurs. L’opacité est générale et c’est particulièrement vraie dans les 3 ministères (Éducation nationale, Jeunesse et sports et Enseignement Supérieur et Recherche). Aux problèmes de solidarité intergénérationnelle entre actif·ves et retraité·es, intra générationnelle entre retraité·es mêmes, de découplage santé et prévoyance, s’ajoute la question très vive de la tarification à l’âge (options des adhérents et des conjoint·es, cotisations des conjoint·es, garanties additionnelles obsèques et dépendance) vers des coûts très élevés, voire prohibitifs. Tout semble fait pour détourner les retraité·es des contrats collectifs et pour les garder dans des contrats individuels sur lesquels il y a, à ce jour, peu de visibilité.

Dans un projet de loi annoncé par le 1er ministre sur une nouvelle phase de décentralisation, les départements verraient leurs compétences augmentées notamment dans le domaine médico-social. Est ainsi prévu le transfert des politiques d’accompagnement et du maintien à domicile des personnes âgées et en situation de handicap vers les départements. Ce transfert ne peut qu’aggraver les inégalités territoriales déjà fortes et persistantes, en fonction des choix politiques des conseils départementaux et de leurs capacités budgétaires comme on le constate déjà sur l’APA (Allocation de perte d’autonomie).

Est envisagé le transfert de 0,08 point de CSG de la Caisse Nationale de la solidarité et de l’autonomie vers les départements : soit une perte de 1,4 M d’euros. Mesure inacceptable à double titre : la situation du secteur est catastrophique et amputer encore, son financement est inacceptable. Par ailleurs, la CSG est fléchée « protection sociale » alors que le transfert permettra aux départements de l’utiliser à leur guise. L’État reprendrait toute la compétence sur les établissements. Une réforme des ARS est aussi avancée dans le projet.

La question du pilotage de la perte d’autonomie est posée. N’est-ce pas un moyen pour l’État de se désengager une fois de plus ? La question fondamentale est bien de lier l’action régulatrice indispensable de l’État et la nécessité d’une politique de proximité.

Une loi « grand âge » de programmation et de financement est incontournable de même qu’un Service Public National de l’autonomie qui assure égalité et qualité à toutes et à tous

Bienvenue sur le blog des retraité.es du SNES-FSU.

La vie militante ne s’arrête pas à la retraite ! Au contraire, les retraités du SNES-FSU participent activement aux mobilisations en cours (protection sociale, dépendance etc) et apportent leurs analyses à des dossiers intergénérationnels.

Contact enretraite@snes.edu