Préserver des médias indépendants

C’est une véritable machine de guerre médiatique, dans le secteur de l’information et de la culture, que les ultrariches construisent depuis les années 2000, au service des idées, voire des partis, d’extrême droite.
Aujourd’hui les médias sont pour 80 % aux mains de 9 milliardaires. Elles sont bien loin les ordonnances de 1944 régissant la presse et dont le but, suite à la collaboration d’un grand nombre de journaux, était de lutter contre la concentration de la presse pour la protéger des puissances de l’argent et de l’État.
Un tableau édifiant

Source: l’Essentiel de l’Eco, 29 mai 2025
Pour compléter, le milliardaire Bernard Arnault est devenu depuis fin 2025 l’actionnaire majoritaire du magazine « Challenges» et des revues scientifiques «Science & Avenir» et «La Recherche». Les salarié∙es de «Challenges» craignent de voir leur indépendance s’envoler; ils dénoncent les méthodes de Nicolas Beytout, actuel directeur de «L’Opinion», et négociateur dans cette affaire, qui affirme clairement qu’il ne respectera pas la charte du magazine adoptée en 2013, les journalistes devant défendre «le monde de l’entreprise et l’économie libérale»!
Et Pierre-Edouard Stérin (fondateur de l’entreprise Smartbox et exilé fiscal!) a racheté le compte X Cerfia pour servir le projet de l’extrême droite : à ce jour, il compterait plus de 1,2 million d’abonné∙es. Cette acquisition s’inscrirait dans le projet « Périclès » dont l’objectif est de diffuser des idées ultralibérales, traditionalistes et identitaires, avec en ligne de mire les prochaines élections présidentielles.
Une lueur réconfortante dans ce tableau inquiétant : la rédaction de « Marianne » s’est opposée à son rachat par Stérin après les révélations sur les relations de ce dernier avec le RN.
Des obstacles aux idées progressistes
Pas étonnant que les idées progressistes dans ce contexte aient quelques difficultés à franchir le mur de la désinformation. Sans cesse, par le biais des chaînes d’info continue dont la plus nauséabonde, CNEWS, est aussi la première en terme d’audience, sont ressassées de fausses informations : la dette est le fait des générations du baby-boum, il faut que les Français travaillent plus et plus longtemps puisqu’ils vivent plus longtemps, l’État providence ne peut plus durer, les immigré∙es sont responsables de tous les maux, les «Noirs» prennent le pouvoir à Saint Denis et si les chômeurs ne trouvent pas de travail, c’est parce qu’ils n’en cherchent pas ou que le RSA est trop élevé !
Des médias indépendants sont nécessaires
Plus que jamais, des médias indépendants sont nécessaires à l’existence d’une information non biaisée par des impératifs politico-financiers.
Au titre de la pluralité des médias, des subventions publiques sont versées pour assurer une plus grande diversité de la presse et profitent à des médias de tous bords politiques. Cependant, l’équité de ce système est régulièrement remise en cause: quelle est, en effet, la parfaite indépendance d’un média qui perçoit des aides publiques?
Heureusement certains restent indépendants, ne vivant ni de la publicité, ni de financements privés et ne subissant aucune pression de la part de l’État ou de personnes riches et influentes : Alternatives économiques, Blast, Fakir, le Canard enchaîné, Mediapart, Politis, Reporterre… Et n’oublions pas l’association « Acrimed », critique des médias depuis 1996, dont l’objectif est de contrecarrer la concentration et la financiarisation des médias…, une tâche tellement nécessaire !
«Si un autre monde est possible, d’autres médias le sont aussi. Pour qu’un autre monde soit possible, d’autres médias sont nécessaires»!
Monique BAUDEQUIN et Martine STEMPER
le-systeme-bollore: https://multinationales.org/IMG/pdf/rapport_bollore_v3.pdf
La vie militante ne s’arrête pas à la retraite ! Au contraire, les retraités du SNES-FSU participent activement aux mobilisations en cours (protection sociale, dépendance etc) et apportent leurs analyses à des dossiers intergénérationnels.
Contact enretraite@snes.edu
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