L’IA s’impose comme un allié précieux pour affiner les diagnostics et personnaliser les parcours de soins. De nombreux CHU et organismes de recherche développent des outils spécifiques.

Une révolution au service de la précision

Grâce au deep learning* , l’analyse d’imagerie médicale, permettant une détection précoce de pathologies comme les cancers (sein, foie, poumons) ou les complications cardiovasculaires, parfois bien avant l’œil humain, s’affine et devient de plus en plus précise.

Au-delà du diagnostic, elle favorisera une médecine de précision en croisant des masses de données (génomiques, cliniques) pour adapter les traitements au profil de chaque patient. Enfin, l’usage d’IA génératives permet de libérer du temps médical en automatisant la transcription de consultations ou la synthèse de littérature scientifique.

Des inquiétudes légitimes : l’opacité et les biais

Malgré ces atouts, l’IA soulève des inquiétudes éthiques de premier plan. Le fonctionnement de certains algorithmes pose un problème de transparence : il est souvent impossible de « tracer » le cheminement logique ayant conduit à une décision.

Deux risques majeurs sont identifiés :

– Les « biais algorithmiques » : l’IA peut reproduire ou accentuer des préjugés si les données d’entraînement sont peu représentatives (ex : surreprésentation de certaines populations).

– Les « hallucinations » : les outils, comme ChatGPT, pouvant générer des contenus médicaux faux mais très convaincants, augmentent le risque d’erreur si le contrôle humain fait défaut.

Le maintien du contrôle humain est fondamental.

La protection de la vie privée et la sécurisation des données de santé (RGPD) restent des piliers non négociables. Pour accompagner les praticiens, la Haute Autorité de Santé (HAS) a défini quatre lignes directrices sous l’acronyme « A.V.E.C. » : Apprendre le fonctionnement de l’outil – Vérifier chaque contenu généré – Estimer la pertinence au fil du temps – Communiquer avec le patient sur son usage. Ainsi l’IA restera un outil de soutien. Le médecin demeurera le seul responsable du diagnostic et de la décision thérapeutique, garantissant ainsi que la technologie ne remplace jamais l’expertise et l’empathie humaine.

Patrick Laîné

* deep learning : apprentissage profond en français : branche de l’ IA qui utilise des réseaux de neurones artificiels pour apprendre et résoudre des problèmes techniques. Il s’agit d’une méthode qui permet aux machines d’analyser, de comprendre et d’interpréter des données de manière similaire à un cerveau humain.

Pour en savoir plus ;
https://www.fondationdelavenir.org/champs-action/nouvelles-technologies-en-sante/intelligence-articificielle
https://www.inserm.fr/dossier/intelligence-artificielle-et-sante/
https://www.has-sante.fr/jcms/p_3703069/fr/l-ia-generative-en-sante-oui-avec-un-usage-responsable
https://esprit.presse.fr/article/nicolas-leger-et-adrien-tallent/l-ia-aux-frontieres-de-l-esprit-45869
https://www.college-de-france.fr/fr/agenda/colloque/ia-et-ses-defis
https://www.college-de-france.fr/fr/agenda/colloque/formes-de-intelligence

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